Département Communication
La condescendance de certains artistes traditionnels envers les créations issues de l’IA révèle une tension profonde entre deux visions de la création. Pour une partie d’entre eux, l’art numérique généré par des modèles algorithmiques serait une forme d’expression « inférieure », dépourvue de geste, d’effort, de souffrance ou de maîtrise technique. Cette posture s’appuie souvent sur une conception romantique de l’artiste, héritée d’un monde où la valeur créative reposait sur la rareté du savoir-faire et sur la difficulté du processus. Face à l’IA, ces artistes défendent leur territoire en affirmant que la machine ne peut pas ressentir, douter, ni porter une intention. Pourtant, cette condescendance masque une inquiétude plus profonde : la peur de voir émerger des formes nouvelles de création, plus rapides, plus accessibles, plus collaboratives, capables de bousculer les hiérarchies établies. Les œuvres générées par IA ne remplacent pas l’artiste, elles redéfinissent son rôle, et c’est précisément ce déplacement qui dérange. Dans un monde où les outils évoluent, où les communautés créatives se réinventent, l’opposition frontale des artistes traditionnels apparaît moins comme une critique esthétique que comme un refus de reconnaître que la création, elle aussi, entre dans une nouvelle ère.
⚜️ Le RIM